ETUDE SHIfT- : « A GIfT » pour les patients insuffisants cardiaques
| L’étude SHIFT (Systolic Heart Failure Treatment with the If Inhibitor Ivabradine Trial) dont les résultats ont été présentés ce dimanche en hotline et publiés dans The Lancet le même jour était coordonnée par les professeurs Michel Komajda et Karl Swedberg. Il s'agit d'une étude internationale, randomisée en double aveugle contre placebo chez des patients insuffisants cardiaques symptomatiques (NYHA classe II à IV) avec fraction d’éjection ventriculaire gauche de moins de 35% et FC supérieure ou égale à 70 battements par minute (bpm). |
Les patients étaient en rythme sinusal et bénéficiaient d’un traitement médical optimisé avec en particulier 90% de bêta-bloquants, 91% d’IEC ou d’ ARA2 et 60% d’antagonistes de l’aldostérone.
6505 patients ont été randomisés sous ivabradine titrée jusqu’à la dose optimale de 7,5 mg deux fois par jour (dose moyenne : 6,4±1,6 mg deux fois par jour) ou placebo et suivis pendant 22,9 mois.
Le traitement par ivabradine a permis de diminuer la fréquence cardiaque de 11 bpm après 1 mois et de 8 bpm à la fin du suivi.
Dans le groupe ivabradine, le critère primaire combiné associant mortalité cardiovasculaire et hospitalisation pour insuffisance cardiaque a été significativement diminué de 18%, principalement en raison de la réduction des hospitalisations pour insuffisance cardiaque (-26% ; p<0,0001). La mortalité par insuffisance cardiaque est significativement diminuée de 26% alors que la mortalité cardiovasculaire diminue de 9% (p=NS). L’impact du traitement par ivabradine est identique dans l’ensemble des sous-groupes et significativement plus marqué chez les patients ayant une fréquence cardiaque ≥ 77 bpm .
Après la présentation de l’étude par Michel Komajda, la discussion des résultats par ES Anand (USA) a souligné le faible nombre de patients ayant bénéficié d’une ressynchronisation (1%) ou d’une défibrillateur implantable (4%) ainsi que le taux de patients ayant atteint l’objectif posologique en terme de traitement béta-bloquant (26%).
L’étude SHIFT est enfin une étude médicamenteuse positive dans l’insuffisance cardiaque et apporte donc une nouvelle avancée thérapeutique 20 ans après les IEC et 10 ans après les bêtabloquants.

