Les enjeux de la télémédecine
Les TIC sont entrés dans notre quotidien et s’y développent très rapidement. Offrir à distance un ensemble de services médicaux de qualité au plus grand nombre, mieux organiser la prise en charge des patients, mieux utiliser les ressources et mieux maîtriser les coûts de la Santé...
...c’est l’objectif de la télémédecine et la cardiologie constitue un des champs d’application privilégié. Les pouvoirs publics en ont bien pris conscience et, inscrit l’exercice de la médecine à distance dans la loi HPST.
Pr J. CLEMENTY |
► Certes, la désertification médicale de certaines régions peut amener au développement des Téléconsultations mais c’est surtout dans le domaine de la Télé assistance, de la Télé-expertise et de la Télésurveillance que les apports de la télécardiologie paraissent les plus évidents. ► La Télé-expertise trouve un domaine privilégié dans le domaine de l’Imagerie et de l’aide aux indications thérapeutiques à partir des données de l’imagerie. Certains pays, comme l’Inde, ont fait des investissements considérables pour offrir aux pays émergents de la planète, en particulier à l’Afrique francophone, ce type de service. ► L’accroissement du nombre de patients atteints d’insuffisance cardiaque et les coûts liés à l’hospitalisation dans cette pathologie, justifient le Télésuivi d’indicateurs simples : poids, tension, fréquence cardiaque, ECG, ventilation pour prévenir les décompensations et activer des actions thérapeutiques simples de la part du médecin traitant ou des paramédicaux pour éviter les hospitalisations non programmées. Il est également possible de télé-éduquer le patient et de surveiller les programmes de réadaptation à domicile par télécardiologie. ► Le télésuivi de l’hypertension artérielle, affection qui frappe 10 % de la population générale, est également un challenge important : l’automesure de la tension artérielle est aujourd’hui un critère de référence et le télésuivi des chiffres tensionnels devrait permettre une meilleure adhérence au traitement avec de moindres complications iatrogènes et une meilleure intégration des paramédicaux dans la prise en charge de l’HTA. ► Le télésuivi des prothèses implantées (pacemakers, défibrillateurs) est aujourd’hui très avancé. Il est très important de contrôler régulièrement la fiabilité des défibrillateurs. Cependant 80 % de ces patients ont une cardiopathie associée qui nécessite des consultations régulières auprès du cardiologue traitant et le télésuivi ne peut libérer celui-ci que de quelques problèmes technologiques et rythmiques complexes relativement rares. ► C’est dans le domaine de la stimulation cardiaque de routine, que le télésuivi pourrait être le plus fructueux et générer des économies substantielles en termes de transport. En effet, 80 % des patients n’ont pas de cardiopathie sous-jacente et 70 % des contrôles systématiques ne s’accompagnent d’aucun geste technique ou médical particulier. Ainsi le télésuivi permet le dépistage précoce des problèmes technologiques, une meilleure gestion de la fin de vie des batteries et le diagnostic précoce des arythmies en particulier la FA très fréquente chez les sujets âgés avec peut être à la clé la prévention des AVC ischémiques. ► Bien sûr la mise en place de la télémédecine nécessite une évaluation de la fiabilité des paramètres suivis, des outils de suivis, c’est une question de crédibilité, et un système de financement adéquat des technologies et des acteurs. ► Au total, proposer au plus grand nombre l’expertise, rompre l’isolement médical en créant une véritable communauté d’action, entre spécialistes, généralistes et paramédicaux, libérer le médecin et le malade de la contrainte des actes médicaux systématiques, éduquer les patients, tels sont quelques enjeux essentiels de la télémédecine. Il faudra vaincre un certain nombre d’obstacles en particulier culturels des médecins et des patients très attachés à la consultation face à face qui garde toute sa place ans bien des cas. Il est évident, dans l’état actuel des choses, la télémédecine ne saurait être confondue avec un Centre 15 ou un monitoring 24h/24. |
C’est la mission de la SFC d’être le moteur de la mise en place de ce nouveau mode d’exercice de la cardiologie en proposant des actions, en évaluant des concepts, et en les encadrant conformément aux données de la Science et de l’Ethique professionnelle. A cet effet, une Commission a été créée.
Elle est présidée par le Pr J. CLEMENTY et les membres sont :
Elle est présidée par le Pr J. CLEMENTY et les membres sont :
- J. CLEMENTY
- JF THEBAUT
- Ph MABO (Prothèses)
- A. LAZARUS (Prothèses)
- E. DONAL (Imagerie)
- MC. MALERGUE (Imagerie)
- Y. JUILLIERE (Insuffisance cardiaque)
- JN. TROCHU (Insuffisance cardiaque, éducation)
- P. ASSYAG (Insuffisance cardiaque)
- A. BELIN (Réadaptation)
- G. BOBRIE (HTA)


