Syndrome coronaire aigu et accident vasculaire cérébral

Modifié le : 20/06/2018

Les études cliniques et épidémiologiques ont montré une plus grande incidence d'accidents vasculaires cérébraux chez les patients ayant présenté un infarctus aigu du myocarde (IDM), que dans la population générale. Ainsi l'incidence des accidents vasculaires cérébraux (AVC) durant le séjour hospitalier pour IDM varie de 0,7 % à 2,2 % selon les travaux, et cela malgré :

  • l'amélioration des stratégies de reperfusion,
  • la prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire.

Durant la période hospitalière, les AVC hémorragiques sont essentiellement liés aux thérapeutiques anti-coagulantes mais ces derniers restent rares avec une incidence entre 0,1 et 0,5 %. Par contre, il faut souligner que les AVC hémorragiques sont associés à une surmortalité importante (de 65,4 % à 30 jours et de 71,8 % à 1 an).

Les AVC ischémiques en post-IDM immédiat relèvent de deux étiologies principales :

  •  le passage en fibrillation atriale,
  • les thrombus intra-ventriculaires.

Pour exemple, les travaux d’Ulvenstam publiés en 2014 dans la revue Stroke[1] mettent en évidence, sur une cohorte de 173 233 patients, une incidence des AVC ischémiques de 2 % durant la phase hospitalière et de 2,1 % dans l’année post-IDM.

Cet auteur retrouve des facteurs indépendants d’AVC ischémique que sont :

  • l’âge,
  • le sexe féminin,
  • les IDM avec sus-décalage du segment ST,
  •  les antécédents d’AVC,
  •  le diabète.

Mais surtout Ulvenstam souligne des facteurs indépendants associés à une réduction du risque d’AVC ischémique :

  • une reperfusion à la phase aigüe,
  • un traitement par aspirine,
  •  un traitement par inhibiteur des P2Y12,
  • un traitement par une statine.

Les récents travaux de Bohula EA publiés dans la revue Circulation[2] du mois d’octobre 2017 sont également majeurs. En effet ces auteurs ont évalué l’incidence des AVC ischémiques et hémorragiques sur une longue période post-IDM. Ainsi, sur une cohorte de 18 144 patients suivis pendant 7 ans, ils démontrent un pourcentage d’AVC toutes causes de 4,5 % avec respectivement 3,65 % d’AVC ischémiques et 0,7 % d’AVC hémorragiques. De plus les auteurs soulignent que 0,1 % des AVC sont de cause inconnue (non-ischémique ou non-hémorragique) et que dans 0,7 % des cas, l’AVC est fatal.

Sur le long terme, les facteurs indépendants associés à un sur-risque d’AVC ischémique sont :

  •  un âge > 75 ans,
  •  la fibrillation atriale,
  • les antécédents d’AVC,
  •  le diabète,
  • la présence d’une insuffisance rénale avec une clairance de la créatinine < 60 ML/min.

Par contre, pour les AVC hémorragiques, trois facteurs indépendants sont associés à un sur-risque :

  •  une fibrillation atriale,
  •  une hypertension artérielle,
  •  la présence d’insuffisance cardiaque.

Si l’association AVC et IDM est de plus en plus fréquente, elle reste sous-estimée. En effet, dans le cadre de la cardiopathie ischémique, la réalisation de scanners ou d’IRM systématiques met en évidence environ 8 % d’AVC asymptomatiques mais également de nouvelles images associées à un sur-risque hémorragique comme la présence de microbleeds.

 

 

[1] Ulvenstam A et al. Incidence, trends, and predictors of ischemic stroke 1 year after an acute myocardial infarction. Stroke. 2014. Nov.

[2] Bohula EA et al. Prevention of Stroke With the Addition of Ezetimibe to Statin Therapy in Patients With Acute Coronary Syndrome in IMPROVE-IT. Circulation. 2017 Sep 30.

Actualités

Syndrome coronaire aigu et accident vasculaire cérébral

Point de vue : Yves Cottin et Yannick Bejot (Dijon). Source Dossier de Presse JESFC 2018

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