GERS-P - Groupe Exercice Réadaptation Sport - Prévention
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SFC - Position paper GERS-P 2013

Position du GERS (groupe exercice, réadaptation et sport) et de la commission d’éducation thérapeutique de la société française de cardiologie.

Bruno Pavy, Régis Barbet, François Carré, Christine Champion, Marie-Christine Iliou, Patrick Jourdain, Yves Juillière, Catherine Monpère, Richard Brion
Groupe de relecture (GERS) : Gilles Bosser, Jean-Louis Bussière, Gilles Cellarier, Alain Cohen-Solal, Sonia Corone, Sophie Durand, Barnabas Gellen, Sylvain Guérard, Bernard Pierre, Jean-Yves Tabet, Bénédicte Vergès.
Groupe de relecture (Commission ETP) : Patrick Assyag, François Delahaye, Jean-Jacques Dujardin, Daniel Herpin, Jean-Pierre Houppe, Jean Ferrières, François Paillard, Véronique Thoré, Jean-Noël Trochu.

Contenu de la publication

Résumé

La mortalité cardiovasculaire a diminué de moitié en 25 ans, en raison des progrès de la prise en charge des syndromes coronaires aigus (SCA) et des actions de prévention. Néanmoins, l’incidence de la maladie coronarienne stable reste élevée, avec un risque annuel de 4,7% (mort cardiaque, infarctus du myocarde, accident cérébral). La prise en charge des facteurs de risque modifiables reste une priorité, tant en prévention primaire que secondaire, afin d’améliorer le pronostic de cette affection redoutable dont le caractère asymptomatique n’est pas synonyme de bénignité. L’aide au sevrage du tabac, une activité physique régulière, une alimentation cardioprotectrice (régime « méditerranéen »), la gestion du stress, une bonne adhésion au traitement médicamenteux qui améliore son observance, un recours judicieux au système de santé, l’aide à la réinsertion professionnelle sont les enjeux actuels de l’éducation thérapeutique du patient (ETP) coronarien.

À partir des recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) publiées en 2007, les programmes (existants et futurs) doivent se mettre en conformité avec la législation actuelle.

Introduction

La réduction de la mortalité cardiovasculaire est largement expliquée par les actions de prévention [1-3]. De ce fait, la prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire est reconnue comme une priorité dans les programmes de prévention primaire et secondaire [4-8]. Dans cette optique, les programmes éducatifs constituent une opportunité unique pour améliorer l’adhésion à un mode de vie favorable [9-11].
L’intérêt de l’ETP du patient coronarien a été mis en évidence par plusieurs types d’approches.

Le programme européen EUROACTION a montré l’efficacité d’une approche incluant l’environnement du patient aux fins d’optimiser le traitement et la prise en charge des facteurs de risque [12]. L’étude italienne GOSPEL a évalué l’impact bénéfique sur le contrôle des facteurs de risque et la récidive des infarctus non mortels d’un programme éducatif prolongé sur 3 ans, au décours d’une réadaptation cardiaque [13].

En France, le score de risque de Framingham est amélioré par un programme d’ETP (PEGASE) destiné à des patients porteurs d’une hypercholestérolémie en prévention primaire et secondaire. Cette amélioration comparée au groupe contrôle n’est cependant pas statistiquement significative, ce qui est probablement dû en partie à un suivi trop court de 6 mois [14].

Un programme d’ETP de proximité destiné à des patients hypertendus, coronariens et insuffisants cardiaques a été expérimenté auprès des affiliés au régime agricole (MSA). Il a permis d’améliorer leur compréhension du traitement, de l’alimentation et de l’activité physique [15]. Des travaux réalisés ces dernières années, émanant de réseaux de santé et d’unités d’éducation et de réadaptation, vont dans le même sens [16-19]. Cette revue n’est pas exhaustive.

L’ETP de l’insuffisant cardiaque, développée depuis plusieurs années [20], a fait la preuve de son efficacité et a fait l’objet d’une recommandation spécifique de la Société Française de Cardiologie (SFC) [21].